E-AI, la rencontre de l’intelligence artificielle et du divertissement

Patrick Tremblay
Patrick Tremblay
lecture de 9 minutes

L’impact au coeur du quotidien et un vecteur économique incontournable

À elles seules, les industries du divertissement et des médias génèrent des revenus mondiaux annuels qui dépassent les 2000 milliards$US (source : Statista). Encore mieux, selon une étude réalisée par PwC, la contribution potentielle de l’intelligence artificielle (IA) à l’économie mondiale se chiffrera à 15,7 trillions$ d’ici 2030. De plus, selon le MIT, 92 % des grandes entreprises obtiennent déjà des rendements d’investissement en matière de données et d’IA. Jean-François Gauthier, PDG de Startup Genome, estime que l’IA et le Big data représentent désormais 25 % des opérations de financement des entreprises en démarrage, contre 16 % en 2016. Enfin, d’après un dossier de Harvard Business Review, 74% des dirigeants américains prévoient que l’IA rendra les processus commerciaux plus efficaces, engendrera de nouveaux modèles commerciaux (55 %) et permettra la création de nouveaux produits et services (54 %). L’adoption de l’IA en affaires a explosé depuis 2020.

Les industries créatives ne sont pas seulement composées de petits projets purement artistiques. Elles ont de multiples facettes et peuvent constituer un important vecteur de changements économiques dans le paysage montréalais, québécois et international. Pour cela, les entreprises, tant d’ici que d’ailleurs, doivent se doter d’outils et établir des ponts. L’IA est l’un de ces outils, et pas seulement du côté créatif.

C’est dans cette optique que se déroulera l’événement de lancement de E-AI les 14 et 15 juin au Palais des congrès de Montréal sous le thème Explorer, Cocréer et Propulser.

Plus que des projets « flashy »

Dans le monde du divertissement, les décideurs pensent souvent à l’IA comme à un outil pour fournir une expérience. « C’est important, super artistique, mais ce n’est que la pointe de l’iceberg, explique Olivier Blais, co-fondateur de Moov AI et vice-président de la science de la décision. On propose de réfléchir aussi aux diverses fonctions stratégiques de l’industrie créative qui procurent de très belles occasions de recourir à l’intelligence artificielle. Presque toutes les entreprises peuvent en profiter. Soit parce qu’elles ont des chaînes d’approvisionnement pouvant être optimisées avec l’IA, qu’elles ont besoin de prévoir le prix d’une matière première ou de prédire la demande pour certains produits. Les projets créatifs nécessitent également une vision terre à terre afin de voir le jour. »

Les systèmes d’IA, créatifs ou non, doivent être mis en production sur des services infonuagiques et être robustes et de qualité. L’IA peut s’avérer un véritable pilier pour optimiser la grande industrie du divertissement, comme c’est le cas dans plusieurs autres secteurs de l’économie. C’est ce que fait Moov AI, qui présentera une conférence le 14 juin prochain à E-AI et dont les experts déploient des solutions concrètes d’IA et d’apprentissage machine pour résoudre des défis d’affaires.

L’IA au service des grands chefs et de vos papilles

Mais l’IA veut aussi nous faire rêver et repousser nos limites. Parmi les sujets présentés à E-AI se trouve le projet Sony AI Gastronomy, auquel travaille François Chartier à titre de conseiller principal en gastronomie. Président de Chartier World LAB Barcelona, le Québécois ouvrira prochainement une antenne à Montréal. Sony, entreprise numéro 1 au Japon, n’a plus besoin de présentation en cinéma, en musique et en jeu vidéo, mais a créé sa division Sony AI et utilise donc l’intelligence artificielle dans ces trois grands domaines. En créant la section IA il y a maintenant 4 ans, les dirigeants ont décidé qu’un des premiers champs de recherche serait la gastronomie.

« On veut démontrer comment, de façon agile, l’IA peut avoir un impact et repousser les barrières de créativité en gastronomie, explique François Chartier. Tout cela se fera en dialoguant avec les chefs, non en les remplaçant. Nous mettons en banque de données tous les outils dont peuvent avoir besoin un chef ou un sommelier au moment de créer un plat ou son harmonie. C’est fabuleux! Et le cœur du projet, c’est la science aromatique d’harmonie moléculaires que j’ai créée en 2002. On souhaite que le chef ou le créateur soit challengé par l’interface et que cela ouvre la porte à de nouvelles pistes créatives en tenant compte des techniques de cuisine existantes ou futures, du lieu où il cuisine suivant la disponibilité des produits, et nombreux autres paramètres. Avec ce que Sony a réussi à faire avec le jeu vidéo, je suis certain que notre projet va faire le même boom dans le monde de l’IA ». Chartier World LAB, établi à Barcelone, ouvrira également sous peu des LABs à Tokyo, dans le Douro et à Montréal.

Oh, les robots!

« Lorsque les personnes extérieures à l’industrie me demandent ce que je fais dans la vie et que je dis infrastructure de calcul haute performance et IA, elles répondent encore : “Oh, les robots”. Elles sont quelque peu inconscientes de l’ampleur de l’intégration de l’IA au quotidien. Les plateformes de médias sociaux reposent sur des algorithmes d’IA pour classer et pousser le contenu en fonction de l’utilisateur final. Nous le savons, mais la plupart des gens ignorent jusqu’où l’IA est intégrée dans l’espace médias et du divertissement. »

Mark Stephens, porte-parole d’Images et Technologie

Les artistes des effets spéciaux utilisent ce système tous les jours, et nous pouvons à peine distinguer ce qui est généré par l’ordinateur de ce qui est réel.

« D’un point de vue économique, l’apprentissage profond et l’IA réduisent les coûts de production et le temps de mise en marché. Même le marketing en bénéficie. Lorsque les studios dévoilent des images pour leurs prochains films, ils peuvent utiliser des solutions où l’IA prend des éléments de contenu clés qui généreront un engouement. Avec E-AI, nous parlerons davantage de l’importance de la convergence de l’IA et de tous les aspects des médias et du divertissement. Plus nous adoptons et intégrons la technologie de l’IA, plus les entreprises développeront des outils qui amélioreront les flux de travail, la collaboration créative et, en fin de compte, la durabilité de l’industrie et la capacité des petits studios à être concurrentiels. »

Mark Stephens, porte-parole d’Images et Technologie

Images et Technologie est membre du comité aviseur d’E-AI et parmi les conférenciers.

Ces sujets vous intéressent ? La programmation est présentée ici.

Il est possible de se procurer ici des billets pour participer à #EAI2022 qui se tiendra au Palais des congrès de Montréal.

À propos d’E-AI

E-Al est une communauté mondiale interentreprise réunissant les écosystèmes du divertissement et de l’intelligence artificielle. Elle favorise les rencontres et échanges afin de rapprocher ces deux groupes en vue d’explorer et de générer des occasions d’affaires pour tous les secteurs de l’économie : alliances, collaborations, innovations, commercialisation, financement, etc. De plus, elle accélère l’innovation et sert de vitrine pour la recherche et l’échange du savoir-faire.

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Père de famille, gamer, chroniqueur pour Métro Média, développeur de jeu indépendant et programmeur dans la vie de tous les jours : j'initie mes enfants au plaisir du gaming avec les classiques des anciennes générations ainsi que les jeux récents.
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