OPINION – Suicide Squad: Kill The Justice League et l’art de partir en guerre

Patrick Tremblay
Patrick Tremblay
lecture de 5 minutes

Dans les tréfonds tumultueux du monde du gaming, une tempête s’abat sur nous avec Suicide Squad: Kill the Justice League, déclenchant une controverse éclatante à la veille de son lancement en accès anticipé

Les règles du jeu ont changé : bien que les codes de critique soient en circulation, un mur invisible sépare la presse et les créateurs de contenu de leur quête demain, mardi, jour où les gamers ayant déboursé pour l’édition de luxe pourront enfin jouer au jeu. Cela dit, ce sera quand Rocksteady aura relancé le serveur puisque ceux qui ont tenté de le lancer sur le fuseau horaire australien se buttent maintenant à un jeu qui n’est pas fonctionnel puisqu’un bug au lancement de celui-ci fait que les joueurs qui entrent pour la première fois sur le jeu ont déjà la mention d’avoir accompli l’histoire du jeu.

La saga prend une tournure encore plus sombre aussi avec IGN qui aurait été présumément banni de recevoir des codes de critique, victime d’une ombre vengeresse suite à une prévisualisation qui a semé le chaos après un événement donnant accès au jeu pendant deux heures.

Beaucoup proclament que IGN ne mérite pas l’honneur d’un code après avoir été aussi méchant envers le jeu, accusant même le média de manipuler l’opinion publique en répandant leur prévisualisation comme un poison sur les réseaux sociaux.

Voilà pourquoi plusieurs croient que nous, médias, sommes des reliques du passé et désirent plus que tout que les joueurs se fassent leur propre opinion. Ils croient que les médias encensent les jeux pour avoir accès à plus de titres et ne donnent pas de bonnes notes. Mais derrière cette façade se cache une réalité troublante : l’exclusion de ceux qui ne louangent pas un jeu semble être une nouvelle règle pour certains studios.

Les joueurs sont donc amenés à sacrifier non pas 90$, mais 120$ pour avoir accès à des jeux plus tôt que tous. Hélas, ce n’est pas donné à tout le monde de payer une telle somme pour devoir se donner un avis sur un jeu. Qu’arrive-t-il s’il n’aime pas le jeu? Il ne pourra pas le revendre à plein prix puisque l’accès anticipé sera déjà passé. Dans cette ère de mystère et de doute, la sagesse des gamers avant de s’engager dans cette aventure onéreuse est plus précieuse que jamais.

De notre côté, nous persistons toujours à donner le meilleur de nous-même, au risque de se faire refuser des jeux par certains développeurs ou certaines agences. Nous ne nous en cacherons pas qu’il y a déjà une problématique très présente pour nous, médias franco-canadiens : nous sommes trop petits pour certaines agences américaines qui aimeraient voir les codes avoir plus de visibilité et, comme nous ne faisons pas de tests en anglais, notre portée est beaucoup moins grande. En revanche, nous ne pouvons nous tourner vers les agences européennes puisque celles-ci couvrent uniquement les médias d’Europe.

Le cas de Suicide Squad est un sombre présage : non seulement l’affaire IGN jette une ombre nous, les médias, sur son lancement du jeu, mais le voile du mystère avec les serveurs toujours fermés même pour ceux qui ont acheté l’accès anticipé en sol australien enveloppe son arrivée imminente, ne proposant aucune critique, aucun avis… absolument rien pour éclairer ceux qui sont encore hésitants.

Ça aura pris neuf années de développement, deux ans de marketing et, pourtant, un silence plane sur ce jeu à quelques heures de son lancement officiel.

Il est important de prendre ceci en note, cher(ère)s ami(e)s : la réalité est souvent plus simple que les théories du complot. Nous, médias, comme vous, les joueurs, cherchons la vérité dans le jeu. S’il est bon, nous allons le dire. S’il est mauvais, nous le dirons aussi.

Chaque joueur a le droit de forger sa propre opinion, et ce sera toujours important. En revanche, lorsque le prix pour se forger sa propre opinion se situe entre 90$ et 120$, ça revient cher quand on est déçu.

Et vous, vous en pensez quoi?

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Père de famille, gamer, chroniqueur pour Métro Média, développeur de jeu indépendant et programmeur dans la vie de tous les jours : j'initie mes enfants au plaisir du gaming avec les classiques des anciennes générations ainsi que les jeux récents.
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