TEST – Assassin’s Creed Nexus : quand vous devenez assassin corps et âme

Patrick Tremblay
Patrick Tremblay
lecture de 14 minutes

La réalité virtuelle donne un nouveau sens à la plus grande franchise d’Ubisoft

Étant un très grand fan de la franchise Assassin’s Creed d’Ubisoft, j’ai toujours rêvé de pouvoir vivre les histoires de ce jeu et de devenir un Maître Assassin dans un monde où mes moindre faits et gestes sont scrutés à la loupe. Un peu à la façon Sword Art Online, je rêvais que l’univers de cette saga se transpose en réalité virtuelle et, c’est maintenant chose faite.

Quand l’univers entier, depuis le jour 1, est fait pour la réalité virtuelle

Pour ceux et celles qui ont joué à Assassin’s Creed depuis le tout premier titre, vous savez alors que le premier protagoniste était Desmond Miles qui détenait, dans son ADN, les mémoires des plus grands assassins des temps anciens, le tout premier ayant été Altaïr Ibn La-Ahad, qui devint d’ailleurs l’icône d’Ubisoft au même titre que Mario l’est pour Nintendo, que Sonic l’est pour SEGA ou même Spartan John-117, alias Master Chief, l’est pour Xbox.

Dans le monde d’Assassin’s Creed, les Templiers et les Assassins se font guerre depuis des millénaires. Grâce à une technologie avancée, les Templiers ont réussi à concevoir une machine permettant de revivre des moments ancrés dans les souvenirs d’une personne car ces souvenirs sont enregistrés dans l’ADN. Cette machine, l’Animus, est en fait une sorte de machine de réalité virtuelle dans laquelle l’individu est placé et il prendra le contrôle de ce fameux souvenir. comme une sorte de “voyage dans le temps” mais qui, en fait, est un voyage totalement virtuel.

D’incorporer le système de l’Animus dans les casques de réalité virtuelle Meta Quest 2Meta Quest 3 et Meta Quest Pro est un superbe clin d’oeil à la franchise et ce, malgré les limitations claires du jeu imposé principalement par le casque.

D’entrée de jeu, je peux dire qu’Assassin’s Creed Nexus est un jeu complet et non pas une version “Lite” de ce que nous pouvons souvent retrouver sur le marché de la réalité virtuelle. Il ne faudra surtout pas s’attendre à ce que ce soit un jeu RPG comme Origins, Odyssey ou Valhalla, mais plutôt un classique qui rappelle les premiers jeux.  Vous y vivrez trois histoires différentes selon trois personnages clés de la franchise : Ezio, Kassandra et Connor.

C’est un jeu somme toute assez linéaire et dont vous n’aurez aucune emprise sur les améliorations de vos personnages. En revanche, il s’agit tout de même de la première tentative d’Ubisoft dans le monde de la réalité virtuelle et c’est tout de même assez réussi!

Le mal des transports? Pas de souci!

Dans Nexus, Ubisoft est très conscient que son jeu est porté sur le redoutable mal des transports dû au parkour. Il y aura donc un nombre exagéré d’options pour éviter tout mal de transports ou tout vertige.

D’un côté pragmatique, je dirais qu’un jeu Assassin’s Creed où tu n’es pas maître des mouvements de ton personnage et où tes vertiges sont contrôlés, surtout après le fameux premier saut de la foi, ce n’est pas un jeu Assassin’s Creed. En fait, ce serait comme jouer à NHL 24 mais que tu ne peux jamais faire de tirs ou de passes ou jouer à Super Mario Bros. Wonder sans pouvoir sauter.

Je comprends très bien les gens qui ont le vertige facilement dans les jeux de réalité virtuelle, ne vous en faites pas. En revanche, il est clair pour moi que Nexus ne sera pas aussi excitant sans la liberté absolue. Sans ça, c’est clairement une expérience qui ne sera pas authentique et complète.

Je suggère donc aux gens qui ont le vertige plus facile de s’accorder quelques séances de jeu plus courtes, question de bien muscler et adapter notre cerveau aux séances, pour ensuite vous immerger plus longuement dans vos sessions de jeu.

Assassin’s Creed à son meilleur

Il y a trois mécanismes principaux qui ont rendu la franchise unique : l’exploration, le combat et, bien entendu, le parkour. Laissez-moi vous dire que les trois sont très présents dans Assassin’s Creed Nexus.

L’exploration est très fidèle à ce que nous connaissons de la saga habituelle. Vous naviguerez çà et là avec la possibilité de dévoiler des trucs précis sur la carte via un écho énergétique qui détectera les éléments intéressants à proximité. Vous aurez également accès à des structures surélevées sur lesquelles vous pourrez vous synchroniser, dévoilant ainsi l’intégralité de la carte.

Dans l’exploration, vous aurez également à vous infiltrer dans des endroits où vous n’aurez pas le droit d’être vu. Vous devrez donc vous accroupir réellement, ou grâce à un bouton, vous cacher dans les herbes hautes ou dans les tas de paille, lancer des objets pour attirer l’attention des ennemis ou, comme dans certains jeux, siffler.

Tout fonctionne à merveille! En fait, j’aurais tendance à dire que le crochetage de serrures de portes et de coffres sont trop faciles, mais ça fonctionne.

Vient ensuite les combats. Au départ, vous allez trouver que ceux-ci sont faciles et que les ennemis sont stupides. Cela dit, au fur et à mesure que vous allez avancer dans le jeu, vous allez commencer à rencontrer des adversaires un peu plus coriaces qui vous compliqueront la vie, surtout si vous êtes encerclé. Ne vous attendez pas à pouvoir esquiver ou parer les attaques qui fuseront de part et d’autre. S’ils décident de vous attaquer tous en même temps sur tous les flancs, ils le feront!

D’un autre côté, le fait de ne pas pouvoir verrouiller de cibles vous permettra de vous déplacer librement et, ainsi, de ne pas vivre dans un combat chaotique où les autres cibles se glisseront toujours derrière vous sans que vous ne puissiez intervenir. Plus nous allons manger des coups, plus notre vision deviendra rougeâtre et deviendra un tunnel de plus en plus fermé. Une fois mort, vous serez désynchronisé avec l’Animus et devrez recommencer.

D’ailleurs, ne cherchez pas comment sauvegarder votre partie. Celle-ci se fait automatiquement sans préavis.

Le combat est grandement varié grâce à ses personnages à contrôler. Ezio est plus conventionnel, avec son épée et son poignard furtif. En revanche, Kassandra aura également son arc et Connor, quant à lui, son fidèle Tomahawk, que vous pouvez également lancer. Les différentes armes que vous pourrez acquérir seront stockées dans différentes parties de votre corps. L’épée à la taille, l’arc et les flèches sur le dos, et les couteaux de lancer sur la poitrine. Pour les utiliser, il ne faudra que mettre la main dessus.

Étrangement, il n’y a pas d’inventaire dans le jeu. J’imagine qu’il s’agit d’une direction créative et technique quant aux possibles complexités que ceci aurait pu amener au jeu. Seuls les objets clés du jeu seront conservés et accessible lorsqu’il sera temps de les utiliser.

Le parkour, quant à lui, est un tout autre sujet. Premièrement, pour sauter, il faudra appuyer sur un bouton. Remarquez que je joue dans ma salle de gaming qui est au sous-sol et dont le plafond est à moins de deux mètres. Devoir sauter serait risqué! Néanmoins, il arrive certains moments qu’il nous est impossible de nous agripper contre une paroi ou même se dresser sur celle-ci.

Je lève tout de même mon chapeau à Ubisoft car l’inertie du corps a été prise en compte. Si, par exemple, vous réussissez mal à vous agripper à une structure avec vos mains, vous pourriez tout de même réussir à vous ancrer grâce à vos genoux et vos pieds. Vos jambes agiront de façon très réelle en escaladant ou en descendant un mur.

Pour le reste, je dirais que le parkour est tout de même excellent et plaisant à jouer.

Un doublage exceptionnel

Il est rare de se retrouver dans des jeux en réalité virtuelle où la section audio est sans faille. Ici, pour un jeu qui est en standalone sur le casque, sans console ou sans PC pour gérer, il est fou de voir à quel point l’importance a été placée sur l’aspect sonore du jeu, incluant même le doublage. Tout le jeu a été traduit intégralement en multiples langues, même le franç ais. D’ailleurs, je dirais même que c’est le meilleur doublage sur un jeu en réalité virtuelle standalone sur Meta Quest à ce jour. Les voix sont celles d’acteurs connus qui reprennent leurs personnages, les mêmes qui ont prêté leur voix aux personnages originaux. Cela ajoute au jeu une immersion totale lorsque nous sentons la voix quitter notre corps.

Quant à la bande originale, elle respecte très bien l’époque de l’Italie en période de la Renaissance ainsi que la Grèce antique et le côté tribal amérindien de Connor.

Pour conclure l’expérience

Assassin’s Creed Nexus est un projet qui semble né de la passion. Le jeu a été développé pour fonctionner sur les casques de réalité virtuelle Meta Quest, donc en étant des jeux autonomes. Il ne faut pas s’attendre à ce que de tels jeux soient des univers en monde ouvert ou de vastes cartes chargées. En revanche, Ubisoft livre exactement ce qu’ils ont dit qu’ils allaient faire : un jeu dans l’univers d’Assassin’s Creed en réalité virtuelle où vos moindres faits et gestes seront retransmis dans l’expérience virtuelle.

Il s’agit d’un jeu tout de même long et vaste, muni de zones plus ouvertes que ce à quoi je pouvais m’attendre. Les décors sont très variés et la modélisation est superbe, malgré la présence de plusieurs PNJs aux avatars quasi identiques. Les différentes périodes du jour ou de la nuit qui s’appliquent à certaines quêtes sauront également vous permettre de tirer votre épingle du jeu quand viendra le temps de mettre votre furtivité à l’oeuvre.

Je suis le premier à me demander pourquoi le jeu n’était pas proposé sur PC ou sur la PlayStation VR 2, mais on voit très bien ici que le jeu a été conçu pour être sur des casques autonomes, ce qui est quand même très bien.

J’ai trouvé qu’Assassin’s Creed Nexus était un jeu vidéo très varié, avec des mécaniques tout de même répétitives, mais qui, d’autre part, sont toujours les mêmes que celles de la franchise, soient-elles en réalité virtuelle ou pas.

Nous avons des défis éparpillés sur toute la carte, des fragments de l’Animus qui nous mettront dans une situation historique nécessaire pour nous immerger encore plus dans l’histoire, nous pourrons manger, jouer de la musique, résoudre des énigmes et même jouer aux dés. Bien entendu, nous pourrons également courir sur les toits, sauter sur des poutres, faire le saut de la foi et assassiner les méchants. À mort les Templiers!

Un énorme “Merci” à Ubisoft pour la copie du jeu.

Nom du jeu Assassin’s Creed Nexus
Date de sortie 16 novembre 2023
Développeur Red Storm Entertainment
Franchise Assassin’s Creed
Éditeur Ubisoft
Plates-formes Meta Quest 2, Meta Quest 3, Meta Quest Pro
Genre Jeu d’action-aventure
Mode de jeu Solo
Langue Multilingue (Français inclus)

Assassin's Creed Nexus

49.99$
9.1

Graphismes

9.1/10

Trame Sonore

9.8/10

Jouabilité

8.9/10

Scénario

8.7/10

Durée de vie

9.2/10

Pour

  • Visuellement très bien fait
  • Contrôles simples
  • Superbe courbe d'apprentissage
  • Cartes vastes
  • Décors immersifs

Contre

  • Quelques soucis lors du parkour
  • Beaucoup de PNJs sont des copies
  • Le jeu manque de personnalisation des personnages
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Père de famille, gamer, chroniqueur pour Métro Média, développeur de jeu indépendant et programmeur dans la vie de tous les jours : j'initie mes enfants au plaisir du gaming avec les classiques des anciennes générations ainsi que les jeux récents.
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