TEST – Avatar: Frontiers of Pandora est bluffant

Patrick Tremblay
Patrick Tremblay
lecture de 15 minutes

Le nouveau jeu d’Ubisoft est, ma foi, l’une des meilleures adaptations d’un univers cinématographique

Allons-y d’entrée de jeu, car ce test risque d’être assez long : simplifier en disant qu’Avatar : Frontiers of Pandora est un Far Cry dans l’univers de James Cameron est utile pour savoir dans quel type de jeu nous faisons face et ce à quoi nous pouvons nous attendre. En revanche, une fois que vous avez lancé tout nouveau jeu d’Ubisoft, vous remarquerez assez facilement que bien que celui-ci a nombreuses similitudes, il essaie également d’apporter sa propre contribution en s’appuyant sur l’univers d’Avatar sans en être totalement dépendant.

Bande-annonce officielle de l’histoire

Bienvenue sur Pandora, Na’Vi!

Ce qu’Ubisoft a réalisé ici, c’est un monde ouvert, luxuriant, dynamique, fluide, coloré et intéressant que nous comprenons et interprétons déjà comme l’un des meilleurs bacs à sable que le studio ait réalisés à ce jour. Certes, il y a ce que j’appelle affectueusement les « ubibugs », mais l’expérience est si malléable et peut être adaptée de tant de façons à tant de profils de public qu’il est très facile de trouver quelque chose qui va vous donner envie de retourner sur ce jeu.

Bien que le début de l’histoire soit lent et quelque peu vaseux par moment, nous comprenons assez rapidement les enjeux présents : nous sommes un Na’Vi qui a été kidnappé par la RDA, c’est-à-dire par les forces militarisées humaines. Nous devons fuir les lieux le plus rapidement possible et, vous vous en rendrez compte assez rapidement, être un Na’Vi comporte son lot d’avantages, mais également de grands inconvénients.

D’entrée de jeu, vous vous rendrez assez vite compte à quel point un Na’Vi est un être de taille gigantesque, par rapport aux humains. De devoir vous faufiler dans les couloirs de la base de la RDA pour vous échapper jusqu’à pouvoir enfin quitter l’endroit et vous échapper dans la jungle luxuriante de Pandora va requiert bon nombre de prouesses.

Une fois la base derrière nous, vous remarquerez assez vite que les besoins de s’accroupir et de glisser au sol vont faire place à la possibilité de sauter, de s’agripper à des lianes et de se fondre dans ce monde coloré à la fois invitant et dangereux.

Ce point de départ, qui fait guise de tutoriel, est également utilisé dans le jeu pour prouver aux joueurs une chose importante : il est possible de partir de zéro dans un univers sans forcément obliger le protagoniste à être une personne amnésique ou qui est sur une nouvelle planète. Certes, nous sommes un Na’Vi avec toutes les caractéristiques de cette race fabuleuse de créature, incluant sa force, son agilité, sa dextérité et même la possibilité de respirer sous l’eau, mais il s’agit d’une nouvelle aventure pour nous puisque, comme nous étions des Na’Vi ayant toujours vécu dans les édifices militaires de la RDA, nous ne connaissons pas du tout Pandora. C’est donc encore mieux que d’être un humain qui a été lié psychiquement à un corps de Na’Vi ou l’utilisation de l’amnésie classique.

Un jeu de survie qui fusionne RPG et action-aventure

Bien que le jeu possède un système de personnalisation de notre Na’Vi simple, il est très important de noter que le jeu Avatar: Frontiers of Pandora est un jeu de type RPG à la première personne à la base. Il possède néanmoins un peu de personnalisation esthétique puisque nous voyons notre Na’Vi dans le menu, lorsque nous sommes sur notre monture et puisque ce jeu peut également se jouer en coopération avec des amis en ligne. Le jeu profite donc de cette personnalisation esthétique pour introduire des éléments cosmétiques que nous obtenons non seulement dans le monde du jeu, mais aussi dans un classique magasin de microtransactions un peu trop présent à mon goût, surtout sachant que ce jeu se vend plein prix.

Bien entendu, ces achats sont justifiables par le fait qu’ils sont volontaires. D’un autre côté, ça permet également de voir à quel point la personnalisation de votre Na’Vi, du point de vue esthétique et cosmétique, est très présente. Au cours de l’aventure, vous allez passer beaucoup de temps dans le menu du jeu afin de pouvoir changer vos pièces d’équipements, soient-elles vos armes, armures et outils que vous pouvez rattacher à tout cela, ne serait-ce que pour obtenir quelques petits pourcentages d’avantage dans des aspects très spécifiques, comme faire plus de dégâts aux agents de la RDA, aux robots ou même avoir un peu plus de résistance aux effets environnementaux de la planète car, on ne s’en cachera pas, Pandora possède bien des secrets et bien des caprices.

Le côté RPG du jeu est très plaisant, mais il y a un « mais ». Cela ne fait pas très cohérent avec l’univers du jeu, selon moi, car de devoir augmenter des statistiques de notre personnage afin de monter de niveau pour déverrouiller des accès à certaines zones de la carte, qui se veut un univers en monde ouvert de type bac à sable, c’est un peu désolant. Je peux comprendre que certains ennemis ou certaines missions soient plus corcées dans certaines zônes mais ce n’est pas quelque chose qui était totalement nécessaire, à mon avis. Nous pouvons laisser ce type d’élément de progression à des jeux comme Far Cry ou même The Division.

Des missions simples et un gameplay très satisfaisant

Pendant une bonne partie du jeu, nous ferons des tâches très similaires les unes aux autres. Nous nous rendrons d’ailleurs bien vite compte que le but principal du jeu est de détruire des installations industrielles humaines qui polluent la planète, nuisent à la faune et la flore environnantes et que nous, en tant que la Résistance de Pandora, devont mettre fin à cette pollution humaine.

De devoir canaliser l’aventure via un système de progression de niveau est tout de même drôle lorsque nous y repensons, après tout, car juste avec cette idée de base, qui est très simple puisque nous devons libérer des territoires en aidant les tribus, est à la fois simple et efficace.

Ajoutez à cela le gameplay du jeu qui est très divertissant au début, avec une superbe courbe d’apprentissage, il n’aurait donc pas été nécessaire de rendre le tout encore plus complexe pour donner un sentiment de profondeur ou même devoir nécessiter un aspect RPG qui n’est pas du tout pertinent.

Dans tous les cas, ce petit côté négatif n’a pas plus d’importance et est facile à ignorer car l’une des vertus les plus remarquables d’Avatar: Frontiers of Pandora, et qui en fait un jeu hautement recommandé, est qu’il est capable de s’adapter à de nombreuses formes de plaisir, à de nombreux types de gamers, soient-ils plus intéressés par la furtivité ou le combat rapproché direct, et dispose également de multiples modes pour favoriser une exploration plus ciblée ou même être en mode survie quasi-entièrement.

C’est là que nous arrivons au point le plus puissant du jeu: son univers. Non pas parce qu’il s’agit d’un monde particulièrement vivant, surtout dans des jeux en monde ouvert, mais parce qu’il possède deux atouts majeurs. Le premier est la diversité de ce monde vaste nous donne envie d’étudier chaque élément, à savoir s’il s’agit d’un atout ou d’un potentiel danger, et le visuel à couper le souffle qui nous donne inévitablement envie de continuer d’explorer cette lune et de chercher de nouvelles façons de nous rendre dans des endroits qui nous semblent inaccessibles.

Le deuxième atout est l’interactivité avec tout ce qui se trouve dans cet univers. Chaque élément que vous rencontrez en cours de route a un effet sur vous ou sur les créatures. Il y a des champignons que vous pouvez utiliser comme des trampolines pour prendre de la hauteur et, peut-être même, vous permettre de cueillir des fruits qui sont en hauteur. En revanche, certaines plantes pourront vous électrocuter, vous empoisonner ou littéralement vous exploser à la figure. Ce sera donc à vous de décider si vous désirez profiter de ces plantes à votre avantage ou non.

Un design artistique à couper le souffle

Ubisoft a mis la barre très haut avec le design artistique de ce jeu vidéo, proposant une carte luxuriante et foisonnante, avec une verticalité qui submerge et encourage l’exploration, surtout lorsque nous débloquons l’Ikram. D’un autre côté, ça peut devenir frustrant de ne pas savoir où nous devons nous rendre dans cette jungle. Certes, nous pouvons utiliser la vision Na’Vi mais elle ne parvient pas à nous guider suffisamment bien pour nous éviter quelques frustrations, par moment.

Combinez tout cela au fait que vous, en tant que Na’Vi, êtes un être de taille imposante, agile, pouvant courir rapidement, sauter sur une très longue distance et éviter certains dégâts de chute. Tout cela donne vraiment l’impression d’être dans la peau d’un Na’vi et vous fait vous approprier le décor afin d’essayer d’en tirer le meilleur parti pour vous déplacer, survivre et tendre une embuscade aux ennemis que vous y trouvez. D’un autre côté, si vous aimez moins la furtivité, vous pouvez également mettre de côté l’arc et plutôt opter pour des armes à feu de gros calibre.

La mobilité est l’un des aspects que j’ai préféré dans Avatar: Frontiers of Pandora car c’est amusant et satisfaisant de pouvoir faire presque tout à plus grande amplitude.

Est-ce que j’ai dit que le jeu était visuellement à couper le souffle?

Soyons honnête : rien de tout cela ne fonctionnerait aussi bien s’il n’y avait pas les superbes graphismes du monde de James Cameron. La direction artistique est géniale non seulement parce que l’endroit dans lequel nous jouons est magnifique, mais aussi parce qu’il est capable de représenter différentes zones et biomes avec une fidélité impressionnante. Le monde entier du jeu nous parle sans cesse et nous invite à continuer de progresser de façon absolument déconcertante. Et que dire de ces moments où nous longeons une rivière et que tout, autour, est détruit et noirci. Instinctivement, elle nous donne envie de suivre ces endroits désolés pour, au final, trouver une usine de la RDA qui ne demande qu’à être détruite.

Là où Ubisoft a toujours eu un peu de difficulté, c’est lorsque vient le temps de voir les différents personnages, surtout dans les cinématiques et les dialogues, et c’est le seul endroit où c’est vraiment moins intéressant. Les dialogues, bien que le doublage soit complet, sont parfois bancales et le visuel des personnages laisse souvent à désirer. D’un autre côté, le reste du visuel est sublime et la bande-son est vraiment géniale.

Pour conclure le tout

Avatar : Frontiers of Pandora risque d’être considéré comme un simple Far Cry dans l’univers de James Cameron mais ne vous laissez pas berner par cela. Bien qu’il possède bon nombre de similitudes, le jeu va vous plonger dans un univers en monde ouvert qui est à couper le souffle et qui propose un récit centré sur les Na’Vi et non sur les humains. Offrant de multiples façons de jouer et une personnalisation très riche, vous n’aurez aucune difficulté à trouver un style de jeu qui vous plaira à tout coup. Malgré quelques décisions de conception discutables, comme le côté RPG et les damnées microtransactions, le reste du jeu est clairement la preuve qu’Ubisoft est capable de respecter la thématique des univers qui leurs sont proposés. Même si vous n’êtes pas attiré par l’univers d’Avatar, je suis sûr que ce jeu pourrait vous plaire également.

Un énorme « Merci » à Ubisoft pour la copie du jeu.

Nom du jeuAvatar: Frontiers of Pandora
Date de sortie7 décembre 2023
DéveloppeurMassive Entertainment
FranchiseAvatar
ÉditeurUbisoft
Plates-formesPC, PlayStation 5, Xbox Series S|X
GenreJeu RPG, action-aventure, survie, multijoueur
Mode de jeuSolo et multijoueur
LangueMultilingue (Français inclus)

Avatar: Frontiers of Pandora

89.99$
9.2

Graphismes

9.7/10

Trame Sonore

9.8/10

Jouabilité

8.4/10

Scénario

8.6/10

Durée de vie

9.4/10

Pour

  • Visuellement spectaculaire
  • Une trame sonore superbe
  • Un monde ouvert immersif et interactif
  • Un gameplay amusant
  • Plusieurs styles de jeux

Contre

  • Le côté RPG n'est pas vraiment nécessaire
  • Les microtransactions
  • La difficulté à bien s'orienter dans le scénario par moment
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Père de famille, gamer, chroniqueur pour Métro Média, développeur de jeu indépendant et programmeur dans la vie de tous les jours : j'initie mes enfants au plaisir du gaming avec les classiques des anciennes générations ainsi que les jeux récents.
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