TEST – Bayonetta Origins: Cereza and the Lost Demon nous raconte une belle histoire

Patrick Tremblay
Patrick Tremblay
lecture de 11 minutes

Alors que Bayonetta 3 bouclait la boucle de l’histoire de Cereza, voilà une superbe histoire à raconter sur son enfance

PlatinumGames est de retour, ce coup-ci avec un spinoff de sa plus grande franchise du côté de Nintendo: Bayonetta. Alors que Bayonetta 3 fermait l’histoire de Cereza, alias Bayonetta, voilà que le studio a décidé de proposer une toute nouvelle histoire : celle de l’enfance de notre sorcière de l’Umbra chérie. Édité encore une fois par Nintendo, le tout nouveau titre est très loin des classiques jeux d’action-aventure de type hack ‘n’ slash et Beat them All que nous connaissons.

Une petite fille frêle, rejetée par tous

La première chose que les fans de la franchise remarqueront, c’est à quel point le jeu brille par sa grande différence. Artistiquement parlant, le tout est démontré comme un gigantesque livre de contes avec un visuel sublime qui rappelle les images que nous pouvions voir dans ces fameux livres de contes. Nous sommes donc très loin du style visuel très explosé et déjanté auquel nous avons habitude, sans oublier le côté sexualisé énormément effacé.

Vous y ferez plutôt la rencontre de Cereza, celle qui deviendra bien entendu Bayonetta. Sauf qu’à ce stade, nous sommes plutôt devant une jeune fille de 10 ans frêle, qui a peur de tout, qui manque de convictions, qui ne sait pas maîtriser la magie de l’Umbra et qui est prête à tourner les talons dès le premier instant.

Née de l’union d’une sorcière de l’Umbra, Rosa, et du sage Lumen Balder, elle a toujours été considérée comme un mouton noir et un paria au sein des sorcières de l’Umbra. Sa mère fut emprisonnée et son père, quant à lui, fut exilé. Tentant toujours de voir sa mère, elle fut expulsée des sorcières et mise sous la tutelle de Morgana, une autre paria à la fois snob et prétentieuse. Sa mère fut changée de cellule et, la considérant en danger, Cereza tentera donc de pénétrer la forêt d’Avalon pour suivre le “loup blanc” comme le lui a mentionné un jeune homme dans ses rêves.

La forêt étant énormément dangereuse, Morgana fera tout pour dissuader Cereza d’y entrer, sachant fort bien que les fées, ces créatures machiavéliques, l’élimineraient sur le champ. Hélas pour eux, il semblerait que la pleine lune et le bracelet magique de Morgana furent assez pour permettre à Cereza d’invoquer un démon qui, pour demeurer en vie, pris possession de sa petite peluche, Chouchou.

C’est alors que votre aventure en joysticks combinés débute, vous permettant ainsi de contrôler Cereza et Chouchou dans la forêt d’Avalon pour tenter d’obtenir un pouvoir immense qui vous permettra peut-être de sauver votre mère.

Un style artistique soigné méticuleusement

Tout l’esthétique du jeu a été pensé en fonction d’une seule chose : un livre de contes. Que ce soit Cereza, Chouchou, les fées et autres éléments du décor, tout l’esthétique exagéré habituel laisse maintenant place à quelque chose de plus mignon, de plus enfantin et d’étonnamment délicat, comme si tout ce que vous voyez était l’effet d’images dessinés dans un livre à la main, mélangeant coups de pinceaux, aquarelles, pastelles, gravures et crayons.

Les cinématiques, quant à elles, consistent en d’espèces d’images par séquence qui défilent à la vue des textes du livre, le tout dans une modélisation 3D fixe et légère, permettant de bien cerner chaque images et la profondeur de celles-ci. Combiné à la narratrice qui raconte l’histoire en changeant sa voix selon chacun des personnages, vous aurez alors l’impression que le tout est, en fait, le fruit de votre imagination enfantin qui donne vie à ce que vous voyez à l’écran, regardant les pages se tourner l’une après l’autre.

Au niveau du gameplay, encore une fois Bayonetta Origins: Cereza and the Lost Demon est énormément différent de tout ce que nous pouvions avoir connu de la franchise. Premièrement, nous passons d’un jeu d’action intense à l’environnement 3D complet utilisant une caméra dynamique à un jeu qui rappelle plus un jeu de puzzles dans un univers semi-3D à caméra fixe. Au début, j’avais l’impression que le jeu était un simple Novel game, ces fameux jeux qui ne sont que basés sur le narratif ou presque mais, petit à petit, l’action se développe et se dévoile, donnant droit à des combats et des scènes épiques.

Certes, pour certains fans qui ne s’attendent pas à un tel changement drastique au niveau artistique, ça pourra probablement être choquant ou décevant. Mais, clairement, il s’agit ici d’un superbe spinoff qui mérite d’être joué.

Une Cereza qui ne peut pas se battre?

Dans Bayonetta Origins, Cereza ne sait pas se battre. En effet, le fait d’être trop inexpérimentée et terriblement maladroite en fait une cible facile pour les fées. La seule possibilité pour elle de survivre sera d’entraver les ennemis avec ses ronces et laisser Chouchou faire tout le sale boulot. Avec le Joy-Con de gauche, vous pourrez contrôler les actions et les déplacements de Cereza tandis que celui de droite servira à contrôler Chouchou.

Ça peut sembler étrange de jouer un peu comme un twin-stick à ce jeu mais, en fait, c’est super bien géré, facilement manipulable et ce, même si vous apprenez de nouveaux sorts et de nouvelles capacités en progressant dans la forêt d’Avalon. Sinon, bien entendu, vous pouvez toujours céder un Joy-Con à un partenaire et celui ou celle-ci contrôlera soit Cereza, soit Chouchou. C’est sympa, non?

Les seules restrictions sont que Chouchou doit être invoqué et, par moment, remis en forme de peluche pour regénérer sa magie et que les deux comparses ne peuvent être séparés à trop grande distance, autrement Cereza sombrera dans la peur.

Les combats se gèrent tout de même assez bien, même si vous êtes seul, sans pour autant être faciles. Certains combats seront beaucoup plus intenses que d’autres, principalement les boss ou certains défis dans les tír na nÓg, des puzzles dans un monde illusoire qui mettront autant les talents de Cereza que de Chouchou à l’épreuve. D’ailleurs, vous aurez de classiques affrontements du genre “Éliminez vos ennemis en moins de x temps” ou “Éliminez vos ennemis sans subir le moindre dégât”.

La combinaison de Cereza et Chouchou vous forcera même, par moment, à devoir faire équipe volontairement. Par exemple, Cereza devra lancer Chouchou sur une corniche surélevée pour que celui-ci puisse faire bouger un mécanisme qui permettra à notre jeune sorcière de franchir un gouffre.

Plus vous progresserez dans le jeu, plus les combats et les puzzles deviendront difficiles. En revanche, Cereza et Chouchou deviendront également plus forts et apprendront de nouvelles capacités par l’entremise d’un arbre de compétences ainsi que la destruction des noyaux élémentaires, combinés avec des potions que notre jeune amie pourra ramasser ou concocter à partir d’ingrédients çà et là. Nous pouvons concocter quatre types de potions différentes qui pourront être utilisés via la croix directionnelle du Joy-Con de gauche.

Cela dit, le jeu possède également assez de paramètres pour vous permettre de personnaliser votre aventure comme il vous plait, que ce soit réduire la puissance des fées, les dégâts subis ou même faciliter encore plus les contrôles comme, par exemple, automatiser les danses qui permettent de modifier certains éléments du jeu, ouvrir certaines portes, etc.

En conclusion

Bien qu’il semble être un mignon petit conte de fées, Bayonetta Origins: Cereza and the Lost Demon est loin d’être un simple petit jeu de puzzles et ce n’est pas parce que la caméra n’est pas dynamique que vous ne vivrez pas de moments intenses dans votre quête de pouvoir au côté de ce démon arrogant qu’est Chouchou. Que vous jouiez seul ou avec un partenaire, l’aventure sera énormément plaisante et, sachez-le, PlatinumGames a prouvé encore une fois qu’ils avaient tout ce qu’il fallait pour rendre un jeu à la fois bizarre, intrigant et excitant. Il est lent au départ et donne l’impression qu’il ne se passer pas grand chose mais, bien au contraire, ce sera une très belle expérience entourée de toutes ces foutues fées qui veulent votre mort!

Bayonetta Origins est un superbe spinoff qui rend hommage à notre sorcière de l’Umbra et qui nous permet de mieux comprendre l’évolution de celle-ci, le tout placé dans un jeu fabuleux à la direction artistique époustouflante.

Ne vous laissez pas berné par son aspect enfantin, ce jeu a tout pour plaire autant aux audacieux qu’aux gens un brin moins expérimentés.

Un énorme “MERCI” à Nintendo pour la copie du jeu!

Nom du jeuBayonetta Origins: Cereza and the Lost Demon
Date de sortie17 mars 2023
DéveloppeurPlatinumGames
SérieBayonetta
ÉditeurNintendo of America
Plates-formesNintendo Switch
GenreJeu d’aventure, jeu de puzzles
Mode de jeuSolo et coop
LangueMultilingue (français inclus)

Bayonetta Origins: Cereza and the Lost Demon

79.99$
9.2

Graphismes

8.9/10

Trame Sonore

9.3/10

Jouabilité

9.6/10

Scénario

9.2/10

Durée de vie

9.0/10

Pour

  • Une très belle histoire
  • Une direction artistique originale plaisante
  • Un visuel superbe
  • Des contrôles à deux joysticks bien gérés
  • Sentiment de progression au rythme de l'évolution du jeu

Contre

  • On aurait aimé en avoir plus!
  • Le style du jeu pourrait déplaire aux fans des jeux originaux
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Père de famille, gamer, chroniqueur pour Métro Média, développeur de jeu indépendant et programmeur dans la vie de tous les jours : j'initie mes enfants au plaisir du gaming avec les classiques des anciennes générations ainsi que les jeux récents.
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