TEST – Deathloop vous amène dans un étrange jour de la marmotte

Patrick Tremblay
Patrick Tremblay
lecture de 13 minutes

Le studio derrière Dishonored et Prey nous amène vivre le “jour de la marmotte” sur l’île de Blackreef Island

Sincèrement, je ne savais pas de quelle façon j’aurais pu amener ma critique du jeu Deathloop d’Arkane Studios car beaucoup ne voient que le principe du “jour de la marmotte”, ce fameux phénomène qui rappelle le film du même nom où le protagoniste doit revivre la même journée encore et encore jusqu’à ce que cette fameuse boucle temporelle soit brisée. Pourtant, le jeu offre finalement beaucoup plus qu’un simple concept de boucle temporelle et propose une histoire épique où refaire la même journée à plusieurs reprises prend tout son sens.

Première des choses que vous devez prendre en considération, Deathloop n’est en aucun cas un roguelike mais ressemble plutôt à un étrange metroidvania sur une base temporelle. Pourquoi ce n’est pas un roguelike? Eh bien c’est fort simple : les jeux comme Returnal et même Hades peuvent sembler très similaires mais Deathloop n’est pas un jeu avec des mondes générés aléatoirement et, comparativement au concept de mort permanente, Cole a la possibilité, grâce au Residuum, de conserver certaines armes pour sa prochaine boucle. Ce n’est, en fait, qu’une histoire qui se déroule en différentes boucles mais de manière structurée.

En gros, l’expérience de Deathloop est plus l’équivalent d’un metroidvania et d’un gigantesque puzzle dans lequel notre cher protagoniste se réveille jour après jour sur la plage mais en se souvenant toujours de ce qu’il avait fait lors de la loupe précédente, incluant les codes d’accès, tout comme l’assassin qui vous traque, Julianna.

Un début d’aventure quelque peu étrange

Je fais mention que Colt se souvient de chaque journée passée dans la loupe mais, en fait, une situation du passé fait que notre sympathique protagoniste a complètement perdu la mémoire à un certain moment et c’est à ce moment que notre aventure débute : nous nous réveillons sur la plage, sans aucune mémoire, pas même celle de notre nom, et nous devons comprendre ce qui se passe.

Petit à petit, les pièces du puzzle commencent à s’emboiter et nous apprenons à interpréter la façon dont la boucle fonctionne et, ainsi, débuter la traque de huit visionnaires ainsi que leurs pouvoirs et leurs faiblesses. Le plus gros du souci ici? La journée est scindée en quatre parties : le matin, l’après-midi, le soir et la nuit. Chaque visionnaire sera accessible à un moment précis de la journée et vous aurez donc une journée complète pour terminer tous les objectifs à des endroits et des moments précis afin de pouvoir les éliminer les huit et ce, sans vous faire tuer par la toute aussi charmante Julianna qui n’a qu’une idée en tête : s’assurer que la boucle ne soit pas rompue.

À chaque fois que vous mourrez ou que vous complétez votre journée, les informations additionnelles collectées seront jointes à un fichier qui vous permettra d’étudier le tout afin de pouvoir concevoir le plan parfait.

Loin d’être un jeu linéaire, vous aurez la possibilité d’aller où bon vous semble quand bon vous semble et d’éliminer vos cibles de la façon que vous voulez. Mais il ne faut pas oublier qu’une certaine personne vous chasse et vous éliminera si elle vous trouve.

Un peu plus sur Blackreef Island

Le scénario vous amène sur une île étrange, celle de Blackreef Island, qui est divisée en quatre parties majeures qui sont toutes interreliées entre elles via des tunnels souterrains. Ces zones, soit le Complexe, Updaam, Karl’s Bay ainsi que Fristad Rock, brilleront de différentes situations selon l’heure à laquelle vous les visiterez ainsi que les informations en votre possession. Certaines zones pourraient se retrouver vides le matin mais, finalement, être bondées le soir pendant une fête remplie de feux d’artifices.

L’aspect rétro-futuriste de l’île a un certain charme qui se ressent dans toute l’architecture qui auront des airs de villes d’inspiration européenne ou même de bases militaires rappelant les films de l’agent 007.

Un jeu qui est bien plus qu’un simple FPS

Loin d’être qu’un simple “shooter”, Deathloop vous propose un jeu comprenant une énorme liberté d’action arborant des mécaniques furtives, de l’exploration, de la reconnaissance et un large éventail de possibilités vous permettant de passer au-travers des différents scénarios du jeu à la façon d’un FPS. Oubliez l’idée de “foncer dans le tas” à la Doom, ce sera presqu’impossible.

Malgré sa répétition des mêmes scénarios, je dois avouer que j’ai adoré le fait que le jeu parvient à nous montrer constamment de nouveaux éléments et nous plonge de plus en plus dans son intrigue, incluant l’évolution de la relation entre Colt et Julianna. À chaque jour, nos tueurs se nargueront d’un ton comique avec un certain flirt qui se ressent dans toutes leurs conversations.

Ajoutez à cela également les relations entre les huit visionnaires qui se déroulent petit à petit sous nos yeux avec, ma foi, des rebondissements qui en vaudront définitivement la peine.

Chaque visionnaire a des pouvoirs, mais Colt aussi

Les visionnaires ont tous des pouvoirs qui leur sont uniques, qu’à cela ne tienne, notre ami Colt en possède également. Son pouvoir principal est le même que Julianna : celui de pouvoir se souvenir de ce qui s’est passé dans chaque boucle temporelle. Ajoutez à cela sa possibilité de porter trois armes à feu, une machette, des grenades ainsi qu’un dispositif pour pirater les tourelles et les caméras. Certaines armes auront la possibilité d’être modifiées pour y ajouter des effets secondaires.

Un des autres pouvoirs de Colt est celui de pouvoir récolter du Residuum, permettant ainsi d’imprégner le produit sur les armes, les appareils et les améliorations afin que celles-ci demeurent dans notre inventaire lors de la prochaine loupe.

Finalement, Colt aura la possibilité de récupérer les pouvoirs de chaque visionnaire afin de pouvoir les utiliser à notre avantage. Je vous laisse deviner le carnage que vous pourriez semer sur votre passage avec une arme à feu dans chaque main munie de la capacité Nexus qui lie les ennemis l’un à l’autre dans les dégâts.

Un mode multijoueur qui vous proposera du challenge

Arkane Studios a réussi à tirer le meilleur parti de Deathloop via son mode multijoueur. À un moment de l’histoire, le mode “Protéger la boucle” se déverrouillera dans le menu principal, vous permettant de jouer Julianna. Dans le cas où vous choisiriez ce mode, vous serez alors propulsé dans un mode Versus en ligne contre d’autres joueurs (amis ou aléatoires).

Votre mission? Vous l’aurez deviné : trouver Colt et l’éliminer. Ceci n’affectera en rien votre progression personnelle de l’histoire mais vous donnera des récompenses sous forme de skins pour le jeu principal. Apprenez à apprivoiser les cartes, tendez des embuscades à vos rivaux et profitez des éternalistes sur le terrain pour vous aider.

Le côté artistique du jeu

Deathloop brille par son design rétro-futuriste. Le résultat est tout aussi bon du volet artistique en général. Les objets, les vêtements des éternalistes et la palette de couleurs du décor nous donne l’impression de vivre dans les années soixante et la musique va en ce même sens. Combinez le tout avec les structures qui seront présentes également et qui donneront un aspect un peu plus futuriste, incluant les systèmes de caméras, les tourelles, les mines et tout l’attirail que vous trouverez lors de votre progression.

Le seul petit soucis que je pourrais trouver au jeu est le fait que l’IA des sentinelles et même de Julianna a posé problèmes de façon occasionnelle. D’ailleurs, Julianna est très facile à tuer si vous êtes en mesure de la localiser. Sinon, d’un autre côté, j’ai vécu quelques légères baisses dans le taux de rafraichissement de l’image par moment.

Au fait, j’oubliais de mentionner : la Dualsense. Encore une fois, le jeu profite des gachettes adaptatives et de la vibration haptique d’une superbe façon. Quand votre arme est enrayée, il vous sera impossible d’appuyer sur la gachette pour tirer et les vibrations vous permettront de ressentir les pas des gens à proximité, les coups et les impacts d’une façon tout simplement superbe. Sans oublier que Julianna vous parlera via le haut-parleur de votre DualSense pendant que Colt, lui, interagira par la télé.

Finalement, le jeu d’acteur entièrement français est tout simplement génial! Colt et son ton arrogant nous rappelle les bons vieux westerns et, je dois dire, le fait que l’acteur et doubleur Frantz Confiac (Main-Noire et Bwonsamdi dans World of Warcraft, le narrateur de Dance Central, Jameson Locke dans Halo 5, Lando Calrissian dans Star Wars: Battlefront, Winston dans Overwatch, Jameson dans Uncharted 4, Sylens dans Horizon Zero Dawn, Delmon Walker dans Gears 5 et Die-Hardman dans Death Stranding) soit celui qui interprète la voix de Colt Vahn ainsi qu’Annie Milon (Major Jones dans XIII, Annaya dans Tomb Raider: Legend, Nisha et Helena Pierce dans Borderlands 2, Marlène dans The Last of Us 1 et 2, Athéna dans Overwatch, La Haute Matriarche Jezza dans Horizon Zero Dawn, Lina Navarro dans Need for Speed Payback et Freelancer Jani dans Anthem) est un pure délice auditif. Ils sont tout simplement parfaits!

En conclusion

Comme mentionné d’entrée de jeu, il est difficile d’expliquer “pourquoi” Deathloop est génial et bien conçu. Sincèrement, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre et j’avais l’impression que les critiques comme IGN ou GameSpot y allaient un peu fort avec leurs notes de 10 sur 10. Décidément, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre et j’ai été très captivé par le jeu et son essence.

Le jeu regorge d’innovation, de créativité et qui regorge d’informations à chaque pas que nous faisons dans l’aventure. C’est définitivement une surprise très intéressante cette année et c’est génial de pouvoir jouer à quelque chose de complètement nouveau dans son genre. Les dialogues, les séquences animées, les appels entre Colt et Julianna, les documents trouvés et les discours que nous pouvons entendre çà et là sont écrits avec brio et ingéniosité avec un tel soucis du détail que s’en est des plus immersif et intrigant.

Un énorme “MERCI” à Arkane Studios et Bethesda Softwork pour la copie du jeu!

Deathloop

79.99$
9.7

Graphismes

9.6/10

Trame Sonore

9.7/10

Jouabilité

9.8/10

Scénario

10.0/10

Durée de vie

9.2/10

Pour

  • Une histoire intrigante et bien ficelée
  • Les combats sont plaisants
  • La liberté d'action est géniale
  • Les dialogues entre Colt et Julianna sont pile poil
  • Le mode multijoueur est vraiment intéressant

Contre

  • Quelques loupes un peu répétitives
  • Quelques petits glitchs graphiques
  • L'IA n'est pas toujours bien
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Père de famille, gamer, chroniqueur pour Métro Média, développeur de jeu indépendant et programmeur dans la vie de tous les jours : j'initie mes enfants au plaisir du gaming avec les classiques des anciennes générations ainsi que les jeux récents.
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