TEST – System Shock, un jeu qui n’est pas pour tous!

Gabriel Smith
Gabriel Smith
lecture de 12 minutes

System Shock est un remake d’un jeu datant de 1994 qui n’était pas destiné à tous, mais qui a su révolutionner à sa manière!

Pour bien comprendre l’impact qu’a eu System Shock sur l’industrie du jeu vidéo, il faut remonter à 1994. À cette époque, des titres tels que Marathon et Doom 2 connaissaient un grand succès sur PC en tant que jeux de tir, et le studio Looking Glass a décidé de s’inspirer du tout premier Doom. Cependant, le studio a choisi de se concentrer davantage sur un système de puzzles avec un peu de jeu de tir, plutôt que d’orienter le gameplay uniquement vers le style FPS.

Au fil des années, des jeux tels que Bioshock, Dead Space, et même Prey ont puisé leur inspiration dans le jeu original System Shock. Cependant, aujourd’hui, nous parlons de son remake, sorti le 30 mai 2023 et développé cette fois par le studio Nightdive, qui est d’ailleurs excellent dans ses nombreux portages.

Le jeu est disponible sur Linux, Mac et PC (GOG, Epic Games Store et Steam) avec des versions PlayStation 4, PlayStation 5, Xbox One et Xbox Series X|S en attente. Un point important à noter avant de se plonger dans l’histoire : le jeu ne possède aucune traduction en français. Il doit donc être joué en anglais.

Une histoire aux couleurs cyberpunk

Nous sommes en 2072, et vous incarnez un pirate informatique qui se fait arrêter lors d’un piratage visant à infiltrer le système informatique de TriOptimum, une corporation spatiale. C’est à ce moment qu’Edward Diego fait son entrée avec une proposition hors du commun : abandonner les charges qui pèsent contre vous en échange de l’implantation d’une interface neurologique, à condition de réussir à pirater SHODAN, l’intelligence artificielle de la station spatiale Sentinel. Ce qui rend cette proposition exceptionnelle est qu’il s’agit d’une station spatiale appartenant à TriOptimum, et que c’est un de ses dirigeants qui vous offre cette mission.

Suite à la réussite du piratage de SHODAN et après avoir remis le pouvoir de la station spatiale à Edward Diego, l’implant vous est posé, vous faisant perdre connaissance. Une fois que vous reprenez vos esprits, vous vous retrouvez dans cette fameuse station spatiale, mais vous réalisez que SHODAN a pris le contrôle complet de la station. Vous êtes donc contacté par Rebecca Lansing, qui vous informe que tout l’équipage est soit mort, soit transformé en mutant ou en cyborg, et que l’intelligence artificielle a pour objectif d’attaquer la Terre avec un laser géant situé dans la station spatiale.

C’est à ce moment que votre aventure commence, et vous allez devoir vous faufiler dans cet immense complexe, vous en échapper, le tout en essayant de saboter SHODAN.

System Shock a révolutionné son époque en proposant une histoire bien détaillée dans un jeu de tir. Dans ce remake, l’histoire est identique à celle du jeu de 1994. Cependant, on se rend compte qu’aujourd’hui, l’histoire n’était peut-être pas aussi bien racontée que nos souvenirs le laissaient croire. Avec quelques petits changements au niveau du gameplay, le remake est une copie conforme de l’original. Je ne dis pas que l’histoire n’est pas bonne, loin de là, mais elle pourrait être mieux racontée pour correspondre aux normes actuelles. Un petit ajustement à cet égard aurait ajouté un plus pour en arriver à une expérience plus moderne.

Un gameplay qui essaie de se démarquer du jeu d’origine mais…

Vous vous souvenez du texte d’introduction, où des jeux comme Dead Space, Bioshock et Prey se sont inspirés de System Shock? Ce remake perd un peu son identité en s’orientant davantage vers le jeu de tir que le système de puzzle. Il faut dire que le studio derrière ce projet a réalisé les portages de Turok, Turok 2: Seeds of Evil, Doom 64 et Quake. On remarque que les mécanismes de tir du remake s’inspirent beaucoup de Doom 3. En fait, j’ai souvent eu l’impression que je testais Doom 3, mais avec un autre habillage. Ce n’est pas une mauvaise chose en soi, mais je trouve qu’il perd un peu de son identité d’origine.

Vous commencez avec un tuyau métallique pour finir par tomber sur des armes à feu de tout genre. L’arme qui a marqué les joueurs est sans aucun doute celle qui ressemble à un sabre laser. En fait, ce qui a marqué est simplement le fait qu’elle était un peu trop puissante en comparaison aux autres armes disponibles. C’est toujours le cas ici, mais l’arme à feu qui m’a donné un plaisir est le lance-grenades. Disons que l’effet d’explosion qui n’était pas très bien à l’époque est plutôt bien réalisé ici.

Les puzzles sont l’aspect principal du jeu, bien loin de simplement utiliser des clés de couleurs. Vous devez scruter des enregistrements de l’équipage pour obtenir des codes d’accès. Il est important de noter qu’en plus de trouver les code d’accès, vous devez obtenir un taux de sécurité bas. Le taux de sécurité est contrôlé par plusieurs aspects, notamment la destruction des caméras de sécurité. Le jeu se démarque également par des énigmes qui doivent être résolues d’une manière plutôt spéciale pour l’époque, en dirigeant le courant d’une boîte de disjoncteur à l’aide de fils de courant. Bien que ce type de puzzle ne soit plus nouveau pour les joueurs d’aujourd’hui, en 1994, c’était quelque chose d’innovant.

Vous devez bien gérer votre inventaire, car le jeu adopte un système similaire à celui de Resident Evil, avec une majorité des objets qui ne servent qu’à être mis dans une benne à déchets pour obtenir de la monnaie. Cependant, cette monnaie vous est utile pour acheter des trousses de premiers soins, des munitions, voire même pour fabriquer une arme à feu, un peu comme dans Calisto Protocol. Je vous l’avais dit, plusieurs jeux se sont inspirés de System Shock.

Là où le jeu est bien différent de 1994, c’est la vitesse et l’intelligence artificielle des ennemis. Vous devez beaucoup mieux gérer vos points de vie, surtout en sachant que vous devez souvent revenir sur vos pas. Vous remarquerez que les ennemis réapparaissent même dans les zones où vous avez éliminé toute trace de créature. Le jeu n’est donc pas très facile dès le début, et les développeurs le savent, car le gestion de la difficulté diffère considérablement des jeux habituels. Vous pouvez choisir la difficulté des combats, des missions, des cybers et des puzzles, chaque option ayant un effet sur la facilité du jeu. Petit conseil : pour votre première partie, le mode plus facile serait peut-être plus plaisant, surtout si vous n’êtes pas habitué à ce genre de jeu.

Malgré le fait que System Shock perd un peu de son identité d’origine, il est extrêmement plaisant de parcourir à nouveau le jeu à l’ère contemporaine. Le fait que les ennemis sont beaucoup plus rapides et un peu moins stupides (ils le sont encore, tout de même) améliore considérablement l’expérience de jeu pour quelqu’un qui n’a jamais mis la main sur System Shock!

Le remake n’a plus rien à voir avec l’original

NightDive Studios a opté pour un rendu plutôt particulier. Le jeu est d’une pure beauté, mais par moments, certains aspects du décor ou même des objets que vous allez devoir « recycler » sont pixelisés. Au début de mon test, j’étais plutôt déçu, mais lors d’une entrevue à laquelle j’ai eu la chance d’assister, l’un des développeurs a mentionné que cela était fait pour rendre hommage au jeu d’origine. Puis, après quelques heures de jeu, j’ai commencé à apprécier le rendu final du mélange de graphismes.

Les ennemis sont tout simplement superbes et n’ont plus rien à voir avec ceux de l’époque. On reconnaît les ennemis, mais ils sont 100 fois mieux faits et cela est tout simplement plus beau à regarder. Cependant, j’ai un petit souci : le jeu est plutôt sombre alors qu’il adopte le thème cyberpunk. Cela est principalement dû à la conception du complexe, où presque tous les étages se ressemblent et les murs se retrouvent souvent dans l’obscurité. Quelques touches de couleurs néon sont présentes, mais elles ne sont pas suffisantes pour générer un résultat positif. D’un autre côté, le remake met de l’avant de très belles cinématiques et son mode à la première personne est réussi.

Concernant la trame sonore, le jeu est entièrement doublé. La musique est bonne, mais elle ne révolutionne rien. Ma mémoire ne se souvient plus de la bande sonore du jeu de 1994, alors je ne peux pas dire si elle est identique, mais elle n’est pas désagréable à l’oreille.

Conclusion

System Shock est probablement le jeu mettant en vedette l’un des plus grands méchants de tous les temps, et le remake ne fait pas exception. L’histoire est excellente, mais il faudra écouter plusieurs enregistrements pour bien la comprendre. Le jeu perd un peu de son identité d’origine et s’oriente davantage vers un style Doom 3, mais finalement, c’est peut-être une bonne chose pour attirer un public plus large, car System Shock n’est pas fait pour tous. Le jeu est d’une pure beauté, malgré quelques défauts, et il bénéficie d’un doublage complet. Je crois que le remake est parfait pour n’importe quel joueur souhaitant découvrir ce magnifique jeu, et que tout joueur ayant eu la chance d’y jouer à l’époque tombera amoureux de ce fabuleux remake.

Un énorme “Merci” à Prime Matter pour la copie du jeu.

Nom du jeuSystem Shock
Date de sortie30 mai 2023
DéveloppeurNightdive Studios
FranchiseSystem Shock
ÉditeurPrime Matter
Plates-formesPC, PlayStation 4, PlayStation 5, XBox One, XBox Series S|X
GenreJeu d’action-aventure, de puzzle et de tir
Mode de jeuSolo
LangueAnglais

System Shock

55$
8.1

Graphismes

8.1/10

Trame Sonore

7.2/10

Jouabilité

8.5/10

Scénario

9.1/10

Durée de vie

7.5/10

Pour

  • L'histoire est super
  • Les puzzles son excellents
  • L'un des plus grands vilains dans un jeu vidéo
  • Un bon remake
  • Une trame sonore 100 % doublée

Contre

  • Aucun doublage en français
  • Perte d'identité suite à son orientation vers les FPS populaires
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Animateur du podcast G Pour Geek, Gabriel est un passionné de jeux vidéo depuis l'âge de cinq ans. Il aime avant tout les FPS, RPG et surtout les jeux de plateformes. Fanatique de Nintendo, bandes dessinées et de lutte également. Trois sujets qu'il essaie d'être le plus objectif possible malgré son amour pour les trois.
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